Murray Schafer (RIP)

Durant la dernière étape de la résidence sonographies, nous avons appris la disparition de Murray Schafer (1933-2021), compositeur, père de l’écologie acoustique et auteur de Paysage Sonore. Référence fondamentale pour notre projet, le dernier concert de notre résidence rend hommage au compositeur et propose au public deux pratiques musicales inspirées de son ouvrage A Sound Education: 100 Exercices in Listening and Sound-Making.

Panorama

Vue d’ensemble qui nous guide à percevoir

Ecrire une partition demande une clarté, une vision global

Horizon où se repose les yeux du musicien

qui lui effleure ses mémoires sensorielles

focus

concentration – relaxation

Jouet de déjouer le moi

Vue Panoramique de Saint-Hilaire du Touvet (Syndicat d’Initiative de Saint-Hilaire du Touvet)
Lighter than air pour quatuor à cordes, fragment de partition (Michelle Agnes Magalhaes)

Pop’harpe !

Sidonie Maurice organise et propose régulièrement au Plateau de Petites Roches dans les cadre des activités de sa classe de harpe, un stage de fabrication de harpes en carton (Pop’harp). Ouvert à tous, ce stage s’adresse à ceux qui ont envie de disposer d’une harpe, par exemple pour apprendre à en jouer ou à continuer leur pratique musicale sur cet instrument. Elle fera une présentation de l’instrument pendant le concert du 05 septembre dans le cadre du projet sonographies!

Marche Sonore au GR-65 : les lois de la nature

On se rejoint tous, musiciens, randonneurs adultes et enfants au Camping de Saint-Sauveur-en-Rue. Malgré la menace de la pluie, nous partons pour une marche à la forêt de Taillard et une portion du Nous nous rejoignons tous, musiciens, randonneurs adultes et enfants, au Camping de Saint-Sauveur-en-Rue. Malgré la menace de la pluie, nous partons pour une marche dans la forêt de Taillard et sur une portion du GR-65. Les conditions météorologiques bousculent un peu le programme de départ, de nouvelles musiques apparaissent. Pom fait une improvisation à la caisse claire qui rappel les gouttes d’eau, Bernard la rejoint ensuite pour un duo très délicat. Ce duo devient un trio, avec Alex, la chanteuse. Des enfants tiennent la partition graphique de Joachim (8 ans) pour que José puisse l’interpréter en plein air.

Au bout d’un moment, le groupe ressemble à un cortège joyeusement surréaliste : à l’une des extrémités, Joshua joue une transcription de Bach, à l’autre, Pom imite des oiseaux.

Une drôle d’intervention : une dame dans une voiture nous interpelle, curieuse de savoir ce qu’il se passe. Petite offrande musicale. Rires.

Improvisation collective sur des sons de l’eau

Ana nous joue des pièces qui parlent de l’Espagne. La chanson espagnole de Rachel (Los Zapatos) et le Canon des amoureux conduit par Brigitte nous guident. Ces mélodies resteront encore pour quelques jours dans ma tête.

Après les pas pressés par la pluie fine, nous nous retrouvons tous sur la place couverte de Saint-Sauveur. Les musiciens ont beaucoup d’énergie et le concert recommence. Les enfants sont tellement concentrés et détendus, qu’ils se posent sur le sol comme s’ils étaient allongés sur le canapé de leur salon.

Après une semaine avec ce groupe adorable de musiciens, j’ai du mal à leur dire au revoir, une réunion de dernière minute, l’arrivée définitive de la pluie me surprennent, et nous nous séparons brusquement. Je regrette encore ce moment d’adieu manqué et d’être partie sans avoir pu de nouveau les féliciter pour tout ce qu’ils ont inventé, créé, joué, composé dans une semaine très intense de travail.

Nous remercions la direction du Parc du Pilat, Axel Martiche de l’accueil. Nous remercions aussi chaleureusement Alexia Pallay (PNR Pilat) de toute l’assistance et support dans l’organisation de toutes les événements réalisés au Pilat. Grand merci à Gisèle Jacquemet de l’accueil à l’usine Sainte-Marthe (Association Ceci n’est pas une usine) et pour tous les moments d’encouragement et d’échange artistique.

Repérage du chemin avec le groupe

Moment de travail et de préparation sur le terrain avec les musiciens pour la dernière étape du stage : la marche sonore. Chaque jour, Rachel se réveille avec une nouvelle chanson dans la tête. Cette fois-ci, nous entendons des mots en espagnol qui sont introduits dans les paroles. Cela semble amuser énormément Ana et José. Brigitte se souvient d’un canon et nous le transmet à tous. Ce moment est joyeux, nous n’avons pas les instruments, mais nous chantons Tout me semble doux et entouré d’énergie créative. Ce fut peut-être le moment le plus nourrissant pour nous tous, en liberté, immergée dans le paysage l’imagination fait tranquillement ses envols.

Concert pour les résidents de la Maison d’Accueil Spécialisé Le Rosier Blanc

Le parc du Pilat nous propose un exercice public avant la marche sonore, la dernière étape de la résidence : un concert pour les résidents de la Maison d’Accueil Spécialisée Le Rosier Blanc. Pour beaucoup d’entre nous, cela a été la première expérience musicale devant des handicapés mentaux profonds ou sévères avec troubles associés et polyhandicapés. Notre public arrive petit à petit place Saint-Sauveur, accompagné par les soignants. Anna et José jouent des adaptations basées sur la musique de Mozart, des morceaux de Bach et de Marin Marais. Joshua improvise une pièce et nous offre aussi du Bach. L’engagement des musiciens est total, j’ai l’impression qu’ils étaient à la recherche de la plus belle musique, du morceau le plus sublime pour soulager la douleur et les limitations physiques de nos auditeurs et souligner les efforts du personnel soignant.

Rachel et Brigitte proposent une interaction avec le public, elles ont le charisme, le charme, et défendent avec une énergie vibrante leurs chansons. 

Concert à l’usine

Jeudi 28 juillet 2021, dans le cadre du stage, nous accueillons Pom Bouvier-b, Frédérique et Eleonor de la Radio d’Ici. Pom apporte un instrument qu’elle a construit avec plein de possibilités sonores : sons continus, percussion, souffle… Un duo surprise avec une chanteuse qui était parmi le public nous émeut. Elle rejoint le groupe pour créer une musique à partir d’une partition collective très colorée, inspirée de la cartographie. Pour sa réalisation graphique, Gisèle avait proposé une technique inspirée des mensurations : la manipulation d’un fil recouvert de pigment (un instrument à cordes pincées ?).

Les stagiaires montrent le résultat de leurs créations. Les enfants retrouvent leurs partitions. Le programme témoigne du pouvoir d’inventivité du groupe. La valse de Rachel, la mini-pièce concertante pour saxophone de José, une grande création collective et une chanson sur le chemin de Compostelle par Rachel et Brigitte voient le jour. Les sons graves du saxophone de Bernard soutiennent les voix chantées.

José et Ana improvisent sur les partitions créées par les enfants. Ensemble, ils jouent en duo sur des effets de feedback et sur des sons d’eau enregistrés au Pilat. Tout cela avec une introduction de saxophone solo de Joshua qui remplit toute la longueur de la salle avec des sons multiphoniques puissants et pénétrants.