Après des jours et des jours à l’usine Saint-Marthe, la vie accompagnée par une bande d’oiseaux pétillants en fin d’après-midi, le bruit constant des insectes du soir, le travail journalier dans l’espace de 600 m2 de cette ancienne industrie textile, je me mets à imaginer à quoi ressembleraient les bruits des machines en cours de travail.
La réponse à ces stimuli sensoriels vient à l’orgue. Chaque jour, je me mets quelques heures à travailler à l’orgue de l’église de Saint-Julien-Molin-Molette. Même à l’intérieur de cet édifice, on entend le bruit de l’eau. Il s’agit du Ternay qui jadis faisait tourner les moulins et nourrissait l’industrie du textile, encore omniprésente dans le village.
Les touches de l’orgue sont toutes dénivelées. Si l’on écoute de plus près, elles ont un bruit mécanique ! Dans un premier temps, je commence à travailler sur la rythmique des touches et prends des enregistrements des sons du clavier, sans le son des tuyaux.
Dans un second temps, je concentre mon travail sur le souffle et l’expérience de continuité : une musique en un seul flux de 10 minutes, l’orgue à pleins tuyaux, battements.
Pour finir, je superpose couche rythmique et souffle dans une seule pièce qui me fait penser à un énorme corps bruyant. Usine, souffle, insectes, flux d’eau, tout mélangés.


Je tiens à remercier Céline Elie pour sa générosité et pour l’accès à l’église et à l’orgue de Saint-Julien-Molin-Molette.